Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 15:39


Les Impromptus #2 feat. Anna Aaron (short) par Les_Impromptus

 

Il y a peu, je vous parlais de l'Anatomie, impromptue, d'un piano... Et voici, en images, la même histoire.

Par lili on the mountain - Publié dans : In the city
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 11:40

Une nouvelle fleur pousse dans les jardins du Paradis

Notre espérance est son eau,

Notre amour son terreau.

 

J'aimerais connaître celui qui t'arrose, qu'il me raconte la lumière qui caresse tes pétales. Nous sommes tes racines, mais enfouies là-dessous, nous ne voyons pas ce que tu es devenue, ni ton élégance à tendre ton cou vers le soleil. Nous te devinons, nous te rêvons, là-haut, balançant ta tête dans le vent doux de l'éternité.

 

Et là-dessous, c'est dur. Il fait sombre. Il fait froid. Et nous ne récoltons que les larmes qui t'arrosent. Mais nous resterons fortes, parce que ce sont les racines qui font la fleur.

Par lili on the mountain - Publié dans : On the mountain
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Mercredi 29 février 2012 3 29 /02 /Fév /2012 13:32

(Texte retrouvé dans un Moleskine de l'été 2010)

 

Je ne suis pas une femme de la vigne. Je sors de la chaleur étouffante du goudron tout juste coulé, par 30°C.

 

Une échappatoire par l'escalier Daetwyler. Au fil de mon ascension, le délicat ciselage des feuilles de vignes découpe le paysage du Haut-Valais, entre deux rangées de ceps.

 

Le bois de Finges s'étend infiniment, sous les oreilles attentives de Loèche.

Par lili on the mountain - Publié dans : In the city
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Mardi 28 février 2012 2 28 /02 /Fév /2012 17:23

L'air pulsé par un chauffage de fortune bruisse et résonne dans l'Eglise des Jésuites, qui n'est, à dire vrai, plus une église. Muté en salle de concert, cet espace accueille habituellement les sons des guitares classiques, des violons ou des contrebasses. Et ce soir, ce n'est pas de la musique classique que la Trinité peinte dans la nef juge, mais une petite chanteuse pop. Anna Aaron est là, avec son chignon qui se balance au-dessus de ses épaules trop fraîchement vêtues. Un bouton noir ferme le col scapulaire vaporeux. Sa blancheur coiffe une robe nuit.

 

L'impromptu éteint le chauffage, éteint le bruit parasite. Au fur et à mesure que les degrés descendent dans la salle de concert, ce showcase nous réchauffe l'âme. Il nous brûle les tripes, malgré l'écho, malgré le regard chargé d'un Dieu inquisiteur, juste au-dessus de la sylphide bâloise. Et de sa guitariste, qui elle fait face au public. Second rôle, première place. C'est elle qui nous fait face. Anna Aaron nous concède son dos. Car ses mains, son visage, elle les consacre à son piano. Aux touches noires et blanches saccadées, qui se confondent avec sa tunique.

 

Sa voix, douce mais soudain imposante, nous guide au travers de cette prestation à nulle autre pareille. Nous sentons tous que nous vivons un moment particulier, unique et universel. La musique, nous, Anna. Et les deux pommes.

 

Deux pommes oui, tiennent le couvercle du piano ouvert. Deux pommes vertes, des Granny Smith peut-être, laissent s'échapper ces notes parfois étouffées, parfois longues, d'une caisse en bois. La musique d'Anna Aaron prend alors une dimension très organique, où le bois, la pierre, la pomme deviennent des vecteurs de musicalité enchanteresse.

 

Et soudain, je réalise que je ne connais rien ou presque du piano. Comment appelle-t-on le corps du piano, ou encore ses cordes vocales ? Peut-on caresser un piano sans en connaître l'anatomie ?

 

C'est le moment précis, où j'ai arrêté de penser.

Par lili on the mountain - Publié dans : In the city
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 10:24

Il existe des cafés merveilleux. Des endroits où l’on s’assoit dans des canapés recouverts d’un plaid vert pistache, des endroits où la décoration est un méli-mélo aux faux airs de capharnaüm, où s’entremêlent abat-jour, reproduction de toile de maître et lourd rideau de velours. Ce sont des cafés où l’on peut choisir le grain, le sucre, la tasse.

 

Pour ma part, j’aime aller dans cet autre café, un affreux celui-là, quelques matins par semaine. J’y suis mal assise, j’y trouve vaguement les journaux du jour. Il est ouvert très tôt le matin, surtout pour les ouvriers. Le gérant y fait les cafés machinalement depuis quinze ans. Mais pourtant, son accueil, bien que résumé aux mots usuels de salutations et remerciement, a quelque chose de profondément sincère, juste et quotidiennement renouvelé. Rien n’y est extraordinaire, mais rien n’y semble véritablement ordinaire. Et j’avoue que j’aime être installée là, comme une fleur en pot, au milieu de ces herbes épaisses et solides. Une fleur étrange, se dira-t-on, puisque c’est de café qu’on l’arrose… Oui, mais du même café que toutes ces plantes robustes qui m’entourent. Et personne ne fait mine de s’attarder sur mon pot. Toute pimpante, prête à rejoindre mes bureaux, derrière mon écran. Et eux, qui partent au travail, dans le froid, avec leur gros bras et leurs joues mal rasées. J’aime être dans cette atmosphère sans faux-semblant, qui me rappelle que je ne suis pas seule sur terre et que nous sommes tous affairés à faire tourner ce monde, mais avec des outils différents. Et quand je quitte ce bistrot, j’amorce ma journée avec le plus grand des sentiments, celui que ceux qui m’entourent sont bons, car oui, quand je le quitte, tout le monde dit, comme pour chacun des précédents qui ont franchi la porte au grelot, « Au revoir, bonne journée ».

Par lili on the mountain - Publié dans : In the city
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